Revue de la Roland TD-15K V-Tour Series

J’habite aux Philippines et laissez-moi vous dire que trouver une bonne batterie électronique ici, ce n’est pas gagné d’avance ! Il faut pour cela se rendre dans une grande (très grande) ville, du type Manille ou Cebu, et visiter un maximum de magasins de musique pour espérer trouver la perle rare. De plus, apprêtez-vous à mettre le prix, car les batteries électroniques sont importées, et qui dit « produit importé » dit « produit plus cher ».

M’enfin, quand on aime, on ne compte pas, hein ! Et pour avoir le plaisir de jouer, et de produire de nouveaux articles (et peut-être même des vidéos) pour ce blog, il me fallait un instrument digne de ce nom. Heureusement, c’est aujourd’hui chose faite, et je peux vous dire que j’étais super heureux de dégoter un instrument d’une telle qualité. Donc la voici, la voilà : ma TD-15K V-Tour Series de Roland.

Ma TD-15K V-Tour Series de Roland - ça c'est de la bonne V-Drums !
Hé oui, à côté d’elle trône une petit guitare : on ne se refait pas !

Dans cet article, je vais donc vous présenter cette batterie électronique et vous livrer mes impressions après quelques temps passés à jouer dessus. Autant être clair tout de suite : le résultat est pour moi très positif (même si je l’ai payé 30% plus cher qu’en France – comme je disais : quand on aime, on ne compte pas !).

Les différences d’avec la Roland TD-11K

C’est là que le bât blesse pour certains : la TD-15K serait trop proche de la TD-11K. La différence de prix ne serait pas justifiée… Il se trouve que je suis bien placé pour en parler puisque ma batterie en France n’est autre qu’une TD-11K !

Clairement, le module ne présente pas grand chose d’extraordinaire par rapport à la TD-11K. On retrouve le même type de fonctionnalités, une qualité similaire, et bien sûr, quelques améliorations au niveau de la banque de sons. Mais il y a d’autres choses à prendre compte, notamment au niveau du matériel.

Les toms sont tous des Head Mesh, ce qui fait une énorme différence au niveau de la réactivité des instruments (et du confort et réalisme du jeu). Roland met en avant sa technologie SuperNATURAL et perso je me trouve servi : la réactivité des peaux est admirable en fonction de la force de la frappe.

Au niveau des cymbales aussi on a quelques améliorations notables. Avec la TD-11K, j’avais l’impression que ma ride était cassée : j’obtenais toujours les mêmes sons, que ce soit en jouant la cloche ou le reste de la cymbale. (Bon, après, c’est peut-être moi qui suis un peu con et qui avais oublié de brancher l’un des deux cables sur ma TD-11K…Avec les modèles de la TD-15K, on a 3 zones de frappes distinctes, et ça marche très, très bien !

Personnellement, je trouve donc qu’il y a des différences très notables entre les deux instruments. Justifient-elles la différence de prix ? C’est une autre question. En même temps, perso je n’avais pas le choix : c’était ça, ou une TD-1K (choix moisi) ou une TD-25KV (choix hors de prix) !

Les caractéristiques du module TD-15

Module TD-15 vu de dessus

Le module comprend 50 sets pré-enregistrés, des plus classiques aux plus futuristes. Et il faut avouer que niveau son, ça envoie… Si vous avez l’occasion de tester, voici trois de mes kits préférés : Premium (le premier), Alternative (le deuxième) et Jazz Vintage. Après, on a le droit à des sons plus étranges (808 Ambient par exemple) ou plus caractéristiques (ceux pour la Bossa Nova, etc.).

Vous pouvez bien entendu configurer d’autres kits vous-mêmes. Il y a beaucoup de choix dans les instruments et vous pouvez ajuster la hauteur des notes et bien d’autres choses grâce aux différentes options. Les puristes du son devraient apprécier cette grande flexibilité. Boostés par la technologie SuperNATURAL, les sons produits sont vraiment très convaincants.

Le module TD-15 dispose d’une fonction Coach, avec une série d’exercices pour améliorer le placement de vos frappes et le respect du tempo. La fonction Songs vous permet de jouer en playback sur des boucles de différents styles musicaux, mais également de vous enregistrer en train de jouer sur ces samples. Vous disposez bien sûr également d’un métronome, un outil indispensable sur ce genre d’instrument !

Module TD-15 vu de côté

Au niveau des sorties, vous trouverez bien sûr et entre autres la prise micro, des sorties mono et stéréo, un  mix-in, et une sortie MIDI. A côté de cela, vous pourrez également, et comme sur le module TD-11, relier votre batterie à votre ordinateur, avec ce cable bizarre qui ressemble à celui d’une imprimante d’un côté et une prise USB de l’autre. A noter qu’avec le TD-15, vous pouvez aussi contrôler le volume du casque (Phones) indépendamment du volume de sortie, ce qui peut être utile quand vous jouez en live.

Module TD-15 vu de face

Enfin, vous pourrez directement brancher une clef USB sur le module pour accéder à vos MP3 et les entendre dans votre casque, ce qui est parfait pour jouer sur des pistes drumless.

Les fûts, cymbales et la pédale de grosse caisse

Bien évidemment, tout dépend du modèle que vous achetez : si vous optez pour une TD-15KV, vous aurez un « vrai-faux » charleston et des fûts encore encore meilleurs. Mais, honnêtement, ceux de la TD-15K sont déjà très bons.

V-Pads PDX-8 pour la caisse claire et le tom basse

Comme je le disais, avoir des peaux  accordables sur la caisse claire et tous les toms, ça fait une sacrée différence par rapport aux toms en plastiques de la TD-11K. Le jeu sur ces V-Pads PDX-8 (caisse claire et tom basse) et PDX-6 (toms mediums) n’en est que plus réaliste et agréable. Vous pouvez de plus accorder ces différentes Mesh Head pour ajuster le niveau de rebond souhaité.

Le charley est quant à lui doté d’une excellente pédale qui offre un large panel de jeu : elle permet véritablement de contrôler l’ouverture et ainsi d’obtenir une multitude de sons. Là aussi, c’est convaincant !

Grosse Caisse Roland KD-9

Pour la grosse caisse, on retrouve le KD-9, le même modèle que pour la TD-11K. Autrement dit, du bon matos, avec une belle réactivité en fonction de la force de frappe. La pédale de grosse caisse n’est quant à elle pas incluse (pas plus que les baguettes ni le tabouret). J’ai  simplement opté pour le pack DAP-3X de Roland, qui inclut ces différents accessoires… et je dois dire que je ne suis pas du tout déçu.

Pack d'accessoires DAP-3X de Roland avec son tabouret et sa pédale de grosse caisse

Dans ce pack d’accessoires DAP-3X de Roland, le tabouret est confortable et solide, et la pédale de grosse caisse est d’excellente facture. Il y a juste les baguettes qui, à mon goût, sont trop fines et trop légères, mais là on rentre dans les préférences de chaque batteur. Disons juste que ça m’a donné l’impression que Roland estime que ses V-Drums ne sont pas faites pour être tapées avec des troncs d’arbre… (Un peu de légèreté dans ce monde de brutes ?)

Baguettes Roland issues du pack d'accessoires DAP-3X

Les petits plus de Roland

Une des raisons pour  lesquelles je cherchais à acheter une V-Drums, c’était pour pouvoir me faire des sessions de FriendJam, le logiciel de Roland pour s’accompagner à la batterie. Je dois dire que j’aime beaucoup ce soft. Il permet de choisir des styles musicaux, d’importer ses propres morceaux, et de partager ses scores en ligne. C’est fun, pratique, et surtout c’est un excellent moyen de s’exercer en s’amusant. Voici une vidéo qui vous donnera une idée du truc :

Voilà pour cette petite revue de la TD-15K de Roland. Perso, je kiffe cette batterie. Pour plus de détails, je vous aurais bien inviter à vous rendre sur le site de Roland, mais il semblerait que ce modèle n’y figure plus… Vous pouvez toujours vous rabattre sur Amazon pour la trouver au meilleur prix, par exemple en cliquant ici.

Vous êtes l’heureux (ou malheureux) possesseur d’une TD-15K ? N’hésitez pas à dire ce que vous pensez de cet instrument dans les commentaires !

Conseils d'Emmanuelle Caplette pour les batteurs débutants

Les conseils d’Emmanuelle Caplette pour les batteurs débutants

Alors ne me demandez pas pourquoi, mais je suis un inconditionnel d’Emmanuelle Caplette – ok, je l’ai découverte il y a deux jours*, mais bon, les bonnes choses n’attendent pas. 🙂 Elle dégage une super énergie quand elle joue, elle a un groove et une technique de malade, et elle garde le smile en permanence : la regarder jouer est excellent (cf. les vidéos en dessous de la vidéo de conseils) !

Mais en plus d’avoir toutes ces très belles qualités, Emmanuelle Caplette est également sympa, et vous la trouverez donc, dans cette vidéo, en train de donner des conseils pour les batteurs débutants. Donc allez, ni une ni deux, lancez la vidéo et enjoy!

Résumé des conseils d’Emmanuelle pour les batteurs débutants :

Je viens de me rendre compte que c’était en anglais… donc voici un résumé des conseils :

1. La première chose, c’est d’avoir une bonne technique au niveau des mains. Des poignées souples et une bonne prise de la baguette (vous pouvez essayer l’exercice montré dans la vidéo).

2. Prendre quelques cours avec un bon professeur dans l’école de musique de votre ville. En parallèle, vous pouvez également essayer de suivre des cours en ligne. En anglais, il y a notamment les gars de Drumeo qui font ça.

3. Jouer au métronome aussi souvent que possible : le batteur doit être « solide », et ne pas se décaler. En pratiquant au métronome, vous prenez les bonnes habitudes.

4. Apprendre le solfège rythmique et la théorie musicale. C’est important pour comprendre ce qu’on fait.

La batteuse Emmanuelle Caplette sur son set !

Comme promis, je vous donne en dessous deux autres vidéos de cette batteuse québécoise qui envoie du pâté (…végétarien si c’est votre truc) ! Je suis tombé sur la première par hasard via une page Facebook, et boum, ça a été le coup de foudre – thunderstruck! – j’ai tout de suite adoré son jeu… mais aussi ses mimiques.

En parlant de ses mimiques, ne l’ayant jamais entendu parlé, je me suis même demandé s’il n’était pas muette. Je ne vous apprend rien (du moins si vous avez déjà regardé la première vidéo) mais une petite recherche m’a vite appris que ce n’était pas le cas et qu’elle avait même un joli accent québécois. Mais bon allez, trève de fluff, je vous laisse profiter de ces deux vidéos extrêmement sympa !

PS : Bon, en fait ce ne sera qu’une vidéo car pour l’autre que je voulais mettre, l’intégration a été désactivée :'(

Bonne batterie à tous et toutes ! 🙂

Bonus : Interview d’Emmanuelle Caplette (en français) !

Je viens de tomber sur une interview d’Emmanuelle Caplette… Alors hop, pour compléter cet article (et remplacer la deuxième vidéo que j’ai pas réussi à caler ici), je la partage avec vous !

Et une autre vidéo bien cool où Emmanuelle expose son parcours (en anglais pour le coup).

*A l’origine cet article date de fin 2013.

Comment tenir ses baguettes de batterie ?

Le titre de cet article reflète à la fois une question, que je me pose moi-même, et le fruit de la recherche que j’ai menée pour tenter d’y apporter une réponse. On devrait d’ailleurs le reformuler un peu différemment, de cette manière : Comment bien tenir ses baguettes de batterie ?

Parce que tenir des baguettes (de batterie ou chinoises), tout le monde sait le faire. Mais bien les tenir, et bien s’en servir, c’est une autre histoire. Que ce soit pour faire un roulé, ou pour déguster un rouleau de printemps, la (bonne) tenue des baguettes revêt une importance cruciale.

Bien tenir ses baguettes de batterie ou ses baguettes chinoises

Pourquoi c’est important de bien tenir ses baguettes ?

L’apprentissage d’un instrument comporte toujours un aspect technique positionnel. Que ce soit pour la guitare, la batterie, le violon ou même le triangle.

Il y a une façon appropriée de tenir l’instrument, une façon de venir le frapper. En respectant un certain angle d’attaque, en tenant les accessoires d’une certaine manière. Une façon qui facilite le jeu, qui lui permet de se développer plus aisément.

Et puis il y a la façon dont, instinctivement, on voudrait tenir l’instrument et l’utiliser. Sauf que cette position instinctive correspond rarement à la position appropriée ! C’est de là que vient le premier danger : débuter en adoptant une position qui vous bloquera par la suite dans votre progression (notamment dans l’amélioration de votre vitesse de frappe).

Une mauvaise position pourra en outre provoquer d’autres dommages, surtout chez les batteurs : elle comporte le risque de solliciter excessivement certaines articulations, certains muscles ou certains tendons, et de déboucher sur des maux tels que la tendinite.

Mal tenir ses baguettes comporte donc 2 risques majeurs : vous bloquer dans votre progression à la batterie, et vous exposer à des maux parfois très handicap pour la pratique de votre instrument.

Moralité : autant partir sur les bonnes bases, en apprenant à tenir ses baguettes correctement ! Et c’est là que la question se corse… car il n’y a pas UNE façon correcte de tenir ses baguettes, ni une position possible, mais plusieurs.

Comment serrer les baguettes entre ses doigts

La première chose à signaler concerne la manière de serrer les baguettes entre vos doigts. On distingue premièrement deux types de prises (« grip »). La prise traditionnelle, également appelée « traditional grip » en anglais ou « prise en tambour ». Et la prise timbale, également appelé « matched grip ».

Prise tambour (Traditional grip) et prise timbale (matched grip)

La prise tambour (ou « traditional grip »)

C’est celle utilisée par les tambours militaires. Elle est asymétrique, chaque main tenant la baguette d’une manière différente.

A l’origine cette différence de prise était due à l’inclination des tambours militaires, légèrement penchés vers la droite. Cela permettait à l’instrumentiste de jouer sans devoir lever son coude gauche.

Aujourd’hui, cette prise traditionnelle est plus particulièrement appréciée des batteurs des jazz. Si vous débutez, il est probable que vous n’ayez pas grand intérêt à vous y essayer.

La prise timbale (ou « matched grip »)

La prise timbale, ou « matched grip » est symétrique. Autrement dit, vous tenez les baguettes de la même manière avec votre main droite et votre gauche. Et c’est plus particulièrement aux positions utilisées avec cette tenue des baguettes que nous allons nous intéresser ici !

Les trois types de positions : française, allemande et américaine

La façon de tenir et d’orienter les poignets, les doigts et les baguettes correspond à 3 prises symétriques différentes : française, allemande et américaine.

Prises française, allemande et américaine des baguettes de batterie

La prise française

Avec la prise française, le pouce est complètement tourné vers le haut, et la paume est placée à la verticale par rapport à la peau. L’avantage de cette position est de laisser beaucoup de champ au jeu avec rebonds et avec les doigts. La pince se réalise entre le pouce et l’index.

La prise allemande

Dans la prise allemande, la paume est tournée entièrement vers la peau, et elle lui est parallèle. La pince se réalise ici entre le pouce et le majeur. Ce jeu permet plus de puissance et sollicite en particulier les poignets.

La prise américaine

La prise américaine est à la croisée de ces deux premières prises (« thèse, antithèse, synthèse », comme aurait dit ma prof de philo de Terminale). La paume se trouve à angle d’environ 45° par rapport à la peau. La pince se réalise toujours entre le pouce et l’index. Ce type de prise est sans doute le plus répandu, car le plus naturel pour beaucoup de personnes. Il permet à la fois un jeu puissant et un certain jeu avec les rebonds.

Quelle position choisir ?

C’est la question la plus importante… Lorsque j’ai pris quelques cours à Lille, mon prof m’a enjoint d’adopter la position française, en arguant du fait qu’il avait appris comme ça, et que c’est celle qui permet le plus de vitesse grâce au jeu avec les rebonds.

Sauf que… je ne sais pas si c’est la position que je préfère. Celle qui m’est la plus naturelle, et celle qui me permet de travailler du mieux possible l’instrument. Du coup, cela fait quelques temps que je me demande si je ne ferais pas mieux de changer de position (pour les techniques de caisse, très notamment).

Et puis je suis tombé sur une vidéo qui renverse le problème. Finalement, ce n’est pas nous qui devrions choisir une position. Mais plutôt la position qui devrait nous choisir. Vous allez tout de suite comprendre…

Un exercice pour choisir quelle prise adopter

Voici un petit exercice pour vous aiguiller dans le choix de votre prise :

  1. Asseyez-vous derrière votre batterie
  2. Laissez vos bras ballants (sans baguettes), le long de votre corps
  3. Sans les regarder, remontez vos bras, pour faire un angle à 45°…

…et regardez dans quelle position sont vos mains. Vous verrez immédiatement quelle est la position la plus naturelle pour vous. Et, si vous êtes comme moi, ce sera certainement la prise américaine que vous voudrez privilégier.

Comment bien serrer ses baguettes

La manière de serrer les baguettes entre vos doigts dépend très notamment de la prise que vous adoptez. Elle peut aussi varier suivant les instruments de la batterie que vous jouez (si vous êtes sur la ride par exemple, vous pourrez adopter une prise française).

Mais il me semble qu’il y a néanmoins plusieurs conseils à suivre, du moins pour la prise américaine :

  • Ne pas serrer comme un malade la baguette entre le pouce et l’index
  • Bien déterminer l’endroit de la baguette où le rebond est maximal
  • Bien veiller à ce que la prise soit symétrique pour les deux mains

C’est en adoptant un jeu décontracté qu’on laisse au groove le potentiel

En résumé

Adopter une bonne prise de ses baguettes est un élément crucial lorsqu’on débute à la batterie. Cela vous permettra d’éviter la prise mauvaises habitudes susceptibles d’entraver vos progrès et de vous exposer à des blessures.

Grâce au petit exercice présenté dans cet article, vous devriez être en mesure de choisir quelle position vous est la plus naturelle : française, allemande ou américaine (ou, qui sait, traditionnelle… en mode, « on est plusieurs dans ma tête » ^^).

Et vous, quelle est la prise que vous avez adoptée, et pourquoi ? N’hésitez pas à apporter vos conseils en commentaires, et surtout à partager votre expérience. J’ai l’impression que la prise américaine est la plus répandue, mais peut-être n’est-ce pas le cas !

 

Choisir son casque pour batterie électronique

Choisir un casque pour sa batterie électronique

L’avantage d’une batterie électronique, c’est qu’elle est à peu près silencieuse. Mais pas complètement. Il y a d’abord le son solidien qui transmet les vibrations dues aux coups de grosse caisse (ce qui peut représenter un vrai problème lorsqu’on vit dans un immeuble), et il y a ensuite le son aérien du martèlement des pads qui, entendu d’une pièce voisine peut évoquer le bruit d’une pluie lourde sur une vitre, et qui entendu par le batteur évoque juste un « chtak chtak » sec et caoutchouteux. Souvent, pour couvrir le bruit des baguettes sur les pads, le batteur pousse le volume de son casque. Comme vous le savez, ce n’est pas très bon pour les oreilles. Mais il y a une autre solution : choisir un bon casque.

Les casques inclus dans les « pack » de batterie électronique

Si vous cherchez sur les sites marchands d’instruments de musique (Woodbrass, Thomann, Euroguitar, etc.), ou tout simplement dans les magasins de musique de votre ville, vous constaterez que les batteries électroniques sont le plus souvent proposées « seules » ou en « pack ». En effet, le constructeur, par exemple Roland pour citer le leader du marché, n’inclut dans son instrument que les pads, la grosse caisse, le rack, le module et la connectique. Autrement dit, la pédale de grosse caisse, le siège et le casque ne sont pas fournis dans le kit.

C’est pour cette raison que les magasins de musique proposent des « packs », en général pour 50 à 100€ supplémentaires, qui comprennent une pédale de grosse caisse, une paire de baguettes, un siège et un casque. Jusque là tout va bien. Là où ça se corse c’est que parfois ce matériel complémentaire est plutôt bas de gamme. Vous ne payez que 50€ de plus, et sur le coup ça paraît chouette, mais vous vous retrouvez avec du matos qui finit par vous filer de l’urticaire tant il est cheap.

Je vais prendre mon exemple : lorsque j’ai racheté ma TD11-K d’occasion, la fille m’a montré la pédale de grosse caisse, puis le casque, en disant qu’ils étaient « vraiment basiques« . C’était effectivement le cas. De marque Stagg, la pédale de grosse caisse était si mal conçue que le pédalier tapait sur le papillon servant à la fixer sur le pad de grosse caisse ! Bruit énervant assuré… Et j’ai donc dû changer de pédale de grosse caisse.

Idem avec le casque : c’était du Stagg et là aussi du matériel de médiocre qualité. Aucune dynamique des basses, aucune isolation phonique… bref, ça sonnait pas bien et ça obligeait à pousser le volume pour couvrir les « chtaks chtaks » produit par la frappe des baguettes sur les pads. Résultat, j’ai dû en changer également.

Avant de passer au choix d’un casque pour batterie électronique, un petit conseil : réfléchissez-y à deux fois avant d’acheter un « pack » ou « bundle » et regardez bien quelles sont les marques des accessoires fournis en plus. S’ils sont de mauvaise qualité, il y a de fortes chances pour que vous deviez les remplacer au bout de quelques mois ou semaines. Sur le coup, ça paraît intéressant, mais si vous êtes sérieux et que vous achetez une batterie électronique qui tient la route, autant investir tout de suite dans du matériel correct.

Comment choisir un bon casque pour sa batterie électronique ?

Lorsque je me suis mis à la recherche d’un casque pour ma batterie électronique, j’avais plusieurs impératifs en tête :

  1. Un casque ayant une bonne qualité sonore : c’est-à-dire un casque dont les speakers ne vont pas vous détruire les oreilles à force de jouer dessus (ceux qui ont des acouphènes me comprendront), et un casque qui possède une bonne amplitude au niveau des basses. Car le problème avec les casques bas de gamme, c’est qu’ils ne rendent pas bien la grosse caisse. On a l’impression qu’elle est toute « faible », alors que c’est quand même l’élément les plus important de la batterie avec la caisse claire !
  2. Un casque permettant une certaine isolation sonore : autrement dit, un casque « fermé » qui réduise le bruit ambiant. Cette caractéristique est fondamentale si vous voulez pouvoir jouer sur votre batterie avec un volume sonore raisonnable dans les écoutilles. De cette manière, vous n’avez pas besoin de pousser le son pour couvrir le bruit des baguettes.
  3. Un casque agréable à porter : là, on pourrait penser que c’est la cerise sur le gâteau et que cette caractéristique est secondaire. Mais il ne faut pas sous-estimer cet aspect des choses : si vous voulez pouvoir jouer plusieurs heures d’affilée, votre confort au niveau du port doit être pris en compte.

Mes recherches m’ont donc amené à consulter des comparatifs de casques pour studio, des avis d’utilisateurs sur différents sites et à relever, au final, plusieurs modèles.

Au niveau des casques pour studio, il y a une marque et un modèle qui ressortent comme clairement supérieurs : le Beyerdynamic DT 770 Pro. Mieux que les équivalents chez Seinheiser, AudioTechnica ou Sony. Mais il y a encore mieux pour le batteur…

Le Beyerdynamic DT-770 M

En cherchant encore un peu, je suis tombé sur un modèle du DT 770 spécifiquement conçu pour les batteurs : le Beyerdynamic DT 770 M. Voici sa photo et les caractéristiques techniques telles qu’on les trouve sur Thomann :

Casque pour batterie électronique : le Beyerdynamic DT-770 M

  • Impédance: 80 Ohm
  • Réponse en fréquence: 5 – 30.000 Hz
  • Atténuation des bruits ambiants jusqu’à 35 dBA
  • SPL max.: 105 dB

Comparé au DT 770 Pro, les avis rencontrés disent que le son est un peu moins bon sur le DT 770 M, et que les oreillettes (en cuir) sont un peu moins confortables que celles en mousse disponibles sur le modèle original. Après utilisation, je confirme que le cuir a tendance à faire un peu suer – un petit bémol donc, mais dont on se rend compte surtout lorsqu’on enlève le casque.

Mais l’un des aspects les plus important, à mon sens, c’est l’atténuation des bruits ambiants. Et là, le DT 770 M est le champion de sa catégorie. Avec une réduction de 35 dBA, c’est le plus efficace que j’ai rencontré. Et, à l’utilisation, ça marche en effet très bien : dès qu’on le met sur les oreilles, on sent la barrière sonore créée, et concrètement, comparé au Stagg je peux jouer avec un volume deux fois moindre sans être gêné par le bruits des baguettes sur les pads.

Enfin, je peux dire sans exagérer que j’ai eu l’impression de découvrir le « vrai » son de ma batterie électronique quand je l’ai utilisé pour la première fois (ce qui n’a pas que des avantages d’ailleurs, car la dimension « électronique » s’entend plus clairement). L’une des différences les plus marquantes que j’ai noté instantanément, c’est au niveau du son de la grosse caisse : le son ne paraît plus faible et lointain, on l’entend désormais bien rond, bien présent, et ça fait vraiment plaisir.

Pour moi, ce Beyerdynamic DT-770 M est donc le casque idéal pour jouer de la batterie électronique. Seulement, la qualité a une contrepartie : disponible pour 155€ (frais de port non compris), son coût est relativement élevé. Néanmoins, on peut le voir comme un investissement : la qualité est au rendez-vous et, sans pouvoir préjuger de la durée de vie de ce matériel, je ne compte pas changer de casque avant un bon bout de temps !

Y a-t-il des alternatives meilleur marché ?

Parce qu’il est parfois difficile d’investir une telle somme dans un matériel souvent perçu comme « secondaire », il faut se poser la question des alternatives meilleur marché. Si vous disposez seulement d’un budget de 50 à 70€ et que vous tenez à avoir un casque fermé, il existe d’autres modèles. Je ne pourrais pas me prononcer sur leur qualité, mais en comparant les caractéristiques techniques vous pourrez vous faire une idée.

Le Vic Firth SIH 1

Parmi ces casques, j’en ai notamment trouvé un chez Vic Firth, le SIH 1, dont voici la description :

Casque adapté aux batteurs Vic Firth SIH 1

  • Atténuation des bruits ambiants jusqu’à 24 dB
  • SPL max.: 110 dB+/- 3 dB
  • Impédance nominale: 32 Ohm +/- 15%
  • Bande passante: 20Hz – thomann 20.000 Hz

On est loin du même niveau d’atténuation des bruits ambiants (11 dBA à dire). Idem au niveau de la bande passante. Mais le prix, à 55€, est lui aussi beaucoup moins élevé.

Mon avis sur ces casques n’engage que moi mais j’espère que cet article vous aura été utile pour vous aider à choisir un casque pour votre batterie électronique. N’hésitez pas à partager le fruit de vos recherches dans les commentaires ou à donner votre avis sur celui que vous utilisez.

Les partitions de la partie de batterie sur le morceau de Neil Young "Old Man", tiré de l'album Harvest (1971)

Jouer Old Man de Neil Young à la batterie

Ô joie, j’ai fait ce soir ma première « cover » à la batterie ! Alors certes, ce n’est pas le morceau le plus compliqué qu’on puisse trouver (loin de là) mais il y a un début à tout. Et tant qu’à faire, autant commencer par un morceau de batterie facile, non ? Si vous ne connaissez pas, « Old Man » est un morceau de Neil Young, tiré du mythique album Harvest (1971). Voici ce que ça donne :

J’adore ce morceau, et c’est en cherchant les partitions exactes pour la guitare que je suis tombé sur celles pour la batterie. Même en tant que débutant à la batterie, il est probable que j’aurais pu faire le relevé à l’oreille tant il est simple mais, tant qu’à faire, autant avoir les partitions exactes aussi pour cet instrument.

Structure du morceau

Au niveau de la batterie, il y a en tout et pour tout 5 rythmes différents – et encore, c’est vraiment si on veut vraiment couper les cheveux en quatre. En vérité, il y en a deux principaux : celui sur les couplets et pré-refrains et celui sur le refrain. Le troisième rythme est celui de la dernière mesure du pré-refrain. Le quatrième est la variation sur le dernier temps de deux mesures du deuxième couplet, et le cinquième de ces rythmes est le coup de cymbale de la fin !

Couplet

Le rythme du couplet est constitué d’une alternance entre la grosse caisse et la caisse claire. La grosse caisse joue le premier temps et le contretemps qui suit, puis le troisième temps et le contretemps suivant. La caisse claire se place classiquement sur les temps 2 et 4. Cette base rythmique s’étend sur toute la partie de batterie du morceau, ce qui lui donne sa lenteur lancinante. Voici à quoi ressemble la partition :

Partition batterie du couplet d'Old Man de Neil (album Harvest)

Pré-refrain

Le pré-refrain continue sur le même rythme, sans aucune cymbale, jusqu’au dernier temps de sa dernière mesure. Sur cette dernière mesure, il y a en effet un coup de cymbale doublé de la grosse caisse qui est donné sur le deuxième quart de temps (autrement dit, l’intervalle entre le temps et le contretemps, ce qui donne à la note une durée d’une croche et demi). Ce schéma sera repris ensuite sur le refrain. Voici la partition :

Le pré-refrain d'Old Man de Neil Young (album : Harvest) à la batterie

Refrain

Le refrain reprend exactement le même rythme que celui noté ci-dessus, à la seule différence de la présence de la ride 7 temps sur 8. Voici la partition :

Le refrain à la batterie sur le morceau Old Man tiré de l'album Harvest de Neil Young

Variation sur le deuxième couplet

Sur le deuxième couplet, on note une petite variation sur les phrases 2 et 4. En effet, un coup de caisse claire est joué sur le dernier contretemps. Voici la partition :

Partition pour la batterie des phrases 2 et 4 du deuxième couplet d'Old Man, tiré de l'album Harvest de Neil Young

Coup de cymbale 😉

Et pour finir, ultime variation (si on ne compte pas les mesures où la batterie ne joue pas – faut pas non plus pousser, hein !), le coup de cymbale sur le premier temps de la toute dernière mesure du morceau. On notera qu’elle résonne durant un temps, ce qui implique en toute logique de stopper le son. Voici la partition :

Le coup de cymbale à la fin du morceau Old Man de Neil Young (album : Harvest)

Ce que permet de travailler ce morceau

J’aime beaucoup ce morceau, que je chante et joue aussi à la guitare. La partie de batterie n’est certes pas compliquée mais l’apprendre m’a permis de travailler plusieurs choses. Les réflexions ci-dessous n’engagent que moi mais si vous voulez me faire part de vos idées sur ces points, elles sont bien sûr plus que bienvenues.

Tout d’abord à essayer d’être un maximum dans le temps : le morceau est lent (71 bpm) et cela permet d’entendre bien distinctement chaque note. Mais si on joue à côté du temps, on va entendre le « Poum poum tchak » se dédoubler (enfin, surtout la caisse claire). Quand on entend une seule batterie, c’est que les frappes sont bien placées et ça c’est kiffant.

Ensuite, à essayer de bien interpréter le morceau : la partition est simple, encore une fois, mais il n’empêche qu’il y a forcément une certaine part d’interprétation. Ce n’est pas – du moins, c’est comme ça que je le ressens – le même feeling tout du long : en particulier, le pré-refrain (plus énervé) et le post-refrain (plus « calme après la tempête ») qui jouent pourtant pratiquement la même chose. Idem, j’entends le deuxième coup de caisse claire sur le deuxième couplet un poil de cul en avance sur le contretemps, ce qui le rend plus péchu, un peu plus « putain de fuck quoi, life is tough! » – et ce en accord avec les paroles à ces moments-là.

Ceci étant, je dois préciser que je joue sur une batterie électronique (je branche mon ordinateur sur le module et lance la vidéo ci-dessus). Les nuances dans le jeu sont donc plus difficilement reproduites.

Voilà, c’est tout pour ce très beau morceau de Neil Young. Bonne batterie à vous ! 🙂